( ) Stéphane Mandelbaum, ce jeune artiste belge décédé tragiquement à 25 ans, à laube dune carrière prometteuse. Personnalité habitée du sens tragique, il a donné une uvre terriblement perturbée, dune âpre beauté, éprouvante. Il est de ces solitaires de lart adeptes du cri du corps et des excès passionnels. En un texte dune très haute intensité poétique, à ce " degré dincandescence " auquel " nul nest tenu ", Marcel Moreau trouve la correspondance des mots. " Tu es à toi seul un fabuleux gisement ", écrit-il. " Pratique lextraction dans livresse, de préférence, mais aussi, sil le faut, au prix de la souffrance. " Le poète dit, sans " atermoiements " les urgences, la fébrilité, la passion, les débordements, les déchirures et, face à un autoportrait de 1980, déjà, sadresse " Au jeune errant ivre, obsédé de mort ? " En incisions sur métal, en encre dimprimerie, textes et images de " La mémoire des plaies / Et lactualité du soignement. " (Claude
Lorent, Art et culture, décembre 1992) |
Mandelbaum fut sans doute saisi, très tôt, par la " conscience du gisement ". Il fut son propre mineur, avide, fébrile, en transe. Ce qu'il ramenait au jour n'était pas du goût de tous. Peu s'en éblouissaient. Aujourd'hui, ce qu'il nous donne à contempler s'ajoute au sombre et rutilant trésor d'énergies qu'amassèrent jusqu'à nous, en toutes époques, les remueurs d'arrière-mondes. (Marcel Moreau)
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