Sous l'épaule du ciel,
Au-delà du désastre,
Se plier à la lumière,
Briser le leurre en son miroir,
S'étendre, clore les paupières,
Affiner les chairs verticales
De l'éblouissement

(François Muir,
La tentation du visage
)

 

 

Le champ,
L’intime béance,
L’inaudible
Effacement
De l’image.
Lieu de ton retrait,
Le sourire
De la soustraction
Sur les lèvres
De l’inconnaissance.

(François Muir,
Les disparitions
)

Nous sommes au dehors. Il n'y a personne. Proche, on entend une eau qui s'écoule. Notre attention est captée par l'état de vacuité qui semble ici inhérent à toute chose. Depuis longtemps, nous avons abdiqué. Nous nous sommes assis sur la pierre tandis que le jour était semblable à la nuit. Ensuite, nous nous sommes tu, non sans avoir prononcé une ultime salutation en mémoire de la lumière.

(François Muir,
Dans l'Ignorance des Territoires
)

Mettant lui aussi la plume sur les tensions de l’être, François Muir, mort désormais, se rappelle à nous avec le deuxième volume de La tentation du visage. Entre neige et sang, ses poèmes tiennent serrées les extrémités de vivre. Dans " le prisme vacillant des jours ", il savait surprendre "  l’inaudible soliloque de l’être ". Ce poète mérite qu’on revienne écouter la force de ses rires et la sincérité de ses étourdissements.

(Pascale Haubruge,
Le soir
, 19 août 1998))