Mais Jacques [Aron] ne se cantonne pas dans labstraction. Il a le courage de nommer les choses, de parler de " linjustice commise à légard du peuple palestinien " car, souligne-t-il, " la sensibilité à linjustice demeure en diaspora comme un reliquat de linquiétude séculaire. " Même si le récit montre une émotivité particulière à légard de ce qui touche Israël, ce nest jamais dans la confusion : Jacques ne sacralise pas lidentité juive et admet donc mal un État purement juif. Lidentité juive naît, pour lui, de la blessure invisible infligée par la violence injuste. Simposer par la violence à dautres est donc négation de cette identité. Belle leçon dhumanisme. (Serge
Moureaux, |
Commencé à la demande d'un fils, poursuivi par nécessité intérieure, L'année du souvenir m'a brusquement confronté aux questions inattendues de lecteurs familiers ou inconnus. Beaucoup se sont dits surpris par des préoccupations qu'ils ne me connaissaient ou ne me prêtaient pas. J'avais déjà eu l'occasion d'écrire à propos d'architecture, d'urbanisme, de peinture et aussi de politique. Mon rapport à l'insaisissable judéité et, partant, à l'Allemagne, pays gagné plus profondément que tout autre par la gangrène du monde civilisé, en a étonné plus d'un. Je ressens intensément mon appartenance à une humanité amputée qui est loin d'être remise du traumatisme opératoire. (Jacques Aron) |