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Karl Marx, antisémite et criminel ?
Autopsie d’un procès anachronique
Que l’antisémitisme existe, aucun de ceux qui ont vécu
et subi l’ascension du nazisme, la Seconde Guerre mondiale, et
survécu au génocide des Juifs européens n’en
doutera un seul instant. Mais on observe depuis la fin de la guerre
et particulièrement depuis la création d’Israël
– reconnaissance internationale du sort tragique des Juifs –,
un déplacement constant de la notion d’antisémitisme.
Tout se passe comme si son invocation permanente devait servir à
légitimer la politique de l’État hébreu et
sa position dans le conflit israélo-palestinien. Il s’agit
d’une dangereuse instrumentalisation dans un conflit qui a partiellement
sa source dans la conception même de cet État, image inversée
de la discrimination politique subie par les Juifs en Europe, et dans
son refus de reconnaissance symétrique des droits de la population
arabe autochtone.
C’est dans ce contexte que l’on assiste ces dernières
années à la fabrication d’une contre-histoire concluant
à la permanence d’un antisémitisme dit de «
gauche », vague et anachronique, dont Karl Marx, par l’effet
magique de son nom encore redouté – un spectre hante l’Europe
–, serait le père spirituel. Ce livre se propose de rouvrir
le dossier, sans dissimuler pour autant l’immaturité du
texte du jeune contestataire libéral Marx – il a 25 ans
– qui situe pour la première fois la « question juive
», non plus dans le cadre de querelles théologiques, mais
dans celui de l’État, de l’économie, de la
politique et du droit.
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