Photo : Wifredo
Lam Leiris apporte à ce trajet tous ses savoirs et toutes ses techniques, embarque toutes ses poétiques dans les parages de la peinture, à la rencontre de Wifredo Lam. Cette étude porte plus quaucun autre des écrits leirisiens sur lart la marque dune confusion, dune étonnante " transplantation " (cest ici le maître mot) des signes et des langues : poésie, surréalisme, psychanalyse, ethnographie du secret et expérience des contacts de civilisation, amitié de la peinture et rites de possession On assiste et cest pourquoi ce texte, partiellement inédit en français, revêt un tel intérêt à une reconnaissance réciproque, une exploration sans conquête, généreuse et ouverte aux surprises. Cest ainsi que lethnographe croise, venus en sens inverse sous le vent, ses fantômes familiers : lart nègre, Picasso, les langues dinitiés, le syncrétisme, les brisées de la magie, la Chine et les Antilles. Au revers du miroir. (Pierre
Vilar, |
Pas plus qu'il n'est dosage de folklore et de modernisme, l'art de Wifredo
Lam n'est un compromis entre tradition et révolution. Il est,
en vérité, conjugaison de ces deux termes : reprise
révolutionnaire (affirmation de soi et, sans oubli du lieu où
s'emmêlent les racines, projection vers un avenir unanimement
partagé) du lointain passé que l'enfant, par chance, a
pu assimiler et qui sera le tuf originel sur lequel l'homme, en s'universalisant,
bâtira.
(Michel Leiris) |