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Surgit parfois,
dans une succession de vagues presque monotones, un sursaut inattendu,
qui rompt le rythme d'ensemble et ne s'explique guère. Il en
est ainsi du roman de François Muir, Le palais des haches, objet
visible non identifié et qui prend par surprise, au point de
déconcerter le lecteur, dans un premier temps au moins. (Pierre
Maury, |
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Dieu et Dieu se caressaient le périnée. Madame Sirkis était toujours debout. Quant à Mute Vie de Vie, il ronflait, avachit sur le dos de mon collègue. Je m'accroupis, pissai en abondance et songeai que l'heure était venue de goûter à quelque hygiénique jouissance. Lors, bondissante, jaillit mon immarcescible force. Dans un sac en toile de jute, quelque peu assommés, je jetai mes compagnons et, entraînant Charlotte, sans hésiter entrai dans un établissement en ruine, situé à quelques pas du Palazzo Mentale et dont l'enseigne gravée dans la pierre était encore lisible. S'y affichait le nom de Prostibula Publica. (François
Muir, |
Trois points de suspension suivis du mot " Ensuite ". Cest ainsi que commence le troisième roman de François Muir, au beau milieu dune aventure ou dans la foulée dun événement fondateur (ouvrir la bouche ? prendre la plume ? avoir envie ?) que, de toute façon, nous navons pas besoin de connaître. Lorsque nous entamons la lecture du Palais des haches, les mots semblent déjà installés depuis belle lurette sur la croupe dun cheval lancé à vive allure. Aussi nous sommes quasi sûrs que rien nempêchera les ruades de lindomptable cavale, ses sauts dobstacles, ses hennissements, que personne ne pourra réfréner ses pulsions les plus folles, ses plus cuisants désirs. Quon épouse dentrée de jeu le rythme du récit ou quon se sente au début un peu en décalage, que lon participe demblée à son orgie de sonorités ou quon soit provisoirement un peu dur de la feuille, il faudra, de toute évidence, sous peine dabandonner la lecture, tôt ou tard, sabandonner totalement. Ne surtout pas sacharner à dénicher, ici ou là, les sacro-saints liens de cause à effet, se demander à tout bout de champ " pourquoi ", tenter dextirper de limprobable trame lénigme centrale ou la crise génitrice. ( ) Son propos sapparente à celui des épopées médiévales, récits magiques de quêtes irrésolues, comme chez Chrétien de Troyes avec Perceval ou Gauvin. La question qui se pose ici, de façon plus radicale peut-être quailleurs, est celle, toute simple, de la liberté, et de la latitude où elle peut sexercer. Quel est mon pouvoir ? Par rapport à quoi le mesurer ? François Muir, par la voix de Dynaste, nen finit pas de trouver la combinaison juste entre limaginaire débridé et la lucidité la plus aiguisée, condition sine qua non à la réussite de son roman, et qui est, faut-il le dire, parfaitement remplie. Ne pas sétonner si lon éprouve le désir, pendant la lecture du livre ou une fois celui-ci refermé, de faire une épouvantable bêtise. (Françoise
Delmez, |