Jean-Jacques Louvigny avait 40 ans lorsquil choisit de mettre fin à lintolérable. Sa vie, illuminée par une longue recherche de lautre et de soi, à travers la poésie, la peinture, la photographie, fut aussi un long combat, inégal, contre la médiocrité et la maladie. Les images très simples faites dombres et de reflets, réalisées obsessionnellement autour dun étang bruxellois, viennent dêtre éditées. Il les considérait comme un langage, comme le " vécu immédiat dune expérience visuelle, ( ), la découpe de lespace étant à la fois loutil dune faiblesse (labandon) et dune volonté (la décision ou lintention) du mental. " Elles ne sont pourtant quune part de son uvre. Celle-ci, faite dimages discrètes en demi-teintes, traite le plus souvent de la nature bien que quelques êtres humains, parfois, y apparaissent. Elle est ponctuée daccents plus angoissés lorsquil sattache à lombre profonde projetée par les grands arbres, ou à son propre fantôme. (Contretype, 1993) |
Il parlait de sa propre disparition
avec une tendresse qui m'envoûtait. Il m'adressa des lettres qui
ne m'étaient pas vraiment destinées. Peut-être l'étaient-elles
à cette partie de moi qui n'était autre que lui-même.
En marchant dans le jardin de la clinique, il lui arrivait d'indiquer
du doigt un tronc d'arbre, à mi-chemin de la plus basse frondaison,
une zone plus sombre ou plus dense entre les branches et le feuillage,
et il disait : « C'est là que ça se passe,
c'est l'âme ».
(Marc Trivier, à propos de J-J Louvigny) |