Photo : Raymond Queneau et André Blavier Né en 1922, à Verviers (Hodimont), par un hasard quil accepte sans passion, et donc Wallon, ce dont il saccommode le mieux du monde, André Blavier ne doit davoir survécu au dégoût de la vie quà sa passion pour les mots. Et pour Queneau qui lui en a révélé le bon usage à la lumière de la vérité " patafoulipienne ". Un moyen pour ce sédentaire invétéré de jouer avec la planète tout en sacquittant dune " carrière plane " de bibliothécaire dans sa ville natale, ce qui est aussi parfaitement en harmonie avec sa passion du livre quavec léthique faustrollienne du conformisme alimentaire et néanmoins hautain. Ainsi, poussé dans le dos, à 23 ans, par cette admiration convulsive pour lauteur des Exercices de style (qui fera de lui le légataire de ses documents et écrits posthumes), Blavier devient le fou des mots à qui lon devra dailleurs Les Fous littéraires, une célébration (largement reconnue au-delà de nos frontières) de ceux pour qui lécriture est un prurit congénital. Prurit que rien napaise et dont la qualité se vérifie dans une force de contagion éminemment sournoise (et aussi différente du carriérisme ou de la gloire quun pansement dun drapeau). (Ghislain
Cotton, Le vif / Lexpress, |
L'auteur se défend bien de vouloir jouer sur les mots. Mais on joue bien à la bourse, à la marelle et au trictrac, à papa- maman et du serre-croupière. On joue de malchance et du violoncelle. On joue aux cartes et aux échecs. On joue la fille de l'air, l'air du Trou vert, les parents martyrs, la Marseillaise et à voleur volé. On s'embrasse sur la bouche pour finir par coucher... en joue... Alors, jouer avec les mots, pourquoi pas ? (André Blavier) |