L'écriture du livre s'est faite selon une méthode qui, en elle-même, mérite déjà l'intérêt : Mohammed Mrabet a raconté l'histoire en arabe dialectal à Paul Bowles, et celui-ci l'a enregistrée et adaptée. Il fallait bien cela pour nous donner un livre dans lequel deux des personnages principaux sont, comme les auteurs, américain et marocain.

(Pierre Maury, Le Soir, 23 juillet 1997)


Mohammed Mrabet & Paul Bowles

Au cours de ces mois d’été, Mohammed se mit tout à coup à venir chaque jour rendre visite à sa famille. Il montait alors sur le toit en terrasse et y restait assis pendant une heure et même plus en plein soleil. Quelques maisons au-delà, de l’autre côté de la rue, vivait une jeune fille nommée Mina. Quand ils étaient tout petits, voilà bien longtemps, ils jouaient ensemble. Elle était belle. Elle apparaissait de temps en temps à la fenêtre, mais ça ne suffisait pas à Mohammed qui voulait lui parler.

(Paul Bowles, Mohammed Mrabet)