" Yves Wellens (1955), vit, écrit et meurt à Bruxelles " : on est prié de sen tenir à cette maigre notice pour savoir de quelle galaxie descend Yves Wellens, lauteur de ce recueil intitulé Le cas de figure. Cependant, derrière la phrase courte, on pourrait imaginer, à la manière de lauteur lui-même dans ses textes, quil y a une quantité de cas de figure pour décrire le monde tel quil est. On pourrait tout simplement commencer par le fait quYves Wellens est peut-être effectivement mort. Ou du moins quil nécrira plus. Ou quil na jamais écrit, en tant quYves Wellens, que ce livre-ci, mais que dautres sont encore à venir. Sous un autre nom, pourquoi pas, Yves Wellens nest peut-être lui-même quune fiction. Bref, le monde dYves Wellens ne nous est pas plus étranger que ne létait, par exemple, celui de Jean Muno. Autant dire quen une page, une page et demi, lauteur nous fait rencontrer un tas de situations et de personnages qui semblent sortis tout droit de la chronique des faits divers. ( ) En prenant le monde au pied de la lettre, il est rare quon soit déçu, et les trouvailles dYves Wellens cultivent une filiation parfois très conceptuelle, qui les rapproche, en arts plastiques, de certaines propositions de Marcel Broodthaers ou dOskar Serti : elles simposent une fin déterminée, circonscrite à un exercice que lironie froide ne parvient pas toujours à désamorcer. (Alain
Delaunois, |
Il nest pas vrai que
Wellens soit quelquun de trop prudent dans ses jugements, ni quon
ne trouve aucun agrément à sa conversation. Simplement,
il excelle dans cet exercice, qui consiste à ne connaître
quun très petit nombre déléments dune
question, et à soutenir le plus longtemps possible une conversation
avec ses seuls éléments : de sorte que cest son interlocuteur
qui doit compléter le reste. Cest une règle dont il ne sest jamais départi. Il se peut quelle sapplique à toute son existence, et même à lexistence tout entière. (Yves Wellens) |