" Yves Wellens (1955), vit, écrit et meurt à Bruxelles " : on est prié de s’en tenir à cette maigre notice pour savoir de quelle galaxie descend Yves Wellens, l’auteur de ce recueil intitulé Le cas de figure. Cependant, derrière la phrase courte, on pourrait imaginer, à la manière de l’auteur lui-même dans ses textes, qu’il y a une quantité de cas de figure pour décrire le monde tel qu’il est. On pourrait tout simplement commencer par le fait qu’Yves Wellens est peut-être effectivement mort. Ou du moins qu’il n’écrira plus. Ou qu’il n’a jamais écrit, en tant qu’Yves Wellens, que ce livre-ci, mais que d’autres sont encore à venir. Sous un autre nom, pourquoi pas, Yves Wellens n’est peut-être lui-même qu’une fiction. Bref, le monde d’Yves Wellens ne nous est pas plus étranger que ne l’était, par exemple, celui de Jean Muno. Autant dire qu’en une page, une page et demi, l’auteur nous fait rencontrer un tas de situations et de personnages qui semblent sortis tout droit de la chronique des faits divers. (…) En prenant le monde au pied de la lettre, il est rare qu’on soit déçu, et les trouvailles d’Yves Wellens cultivent une filiation parfois très conceptuelle, qui les rapproche, en arts plastiques, de certaines propositions de Marcel Broodthaers ou d’Oskar Serti : elles s’imposent une fin déterminée, circonscrite à un exercice que l’ironie froide ne parvient pas toujours à désamorcer.

(Alain Delaunois,
La cité
, 20 juillet 1995)


Il n’est pas vrai que Wellens soit quelqu’un de trop prudent dans ses jugements, ni qu’on ne trouve aucun agrément à sa conversation. Simplement, il excelle dans cet exercice, qui consiste à ne connaître qu’un très petit nombre d’éléments d’une question, et à soutenir le plus longtemps possible une conversation avec ses seuls éléments : de sorte que c’est son interlocuteur qui doit compléter le reste.
C’est une règle dont il ne s’est jamais départi. Il se peut qu’elle s’applique à toute son existence, et même à l’existence tout entière.

(Yves Wellens)