Catherine Massange (1956) est licenciée en histoire moderne de l’Université Libre de Bruxelles. Spécialisée dans l’étude du tissu social et économique de la région bruxelloise, elle a été secrétaire de rédaction des Cahiers de la Fonderie (1986-1998). Elle est, depuis 1999, chercheur à la Fondation de la Mémoire Contemporaine, où elle s’attache à faire revivre la période de l’immédiat après-guerre. Bâtir le lendemain constitue une première synthèse de sa longue enquête sur le Service Social Juif.


L’histoire des Juifs qui ont vécu en Belgique après la Seconde Guerre Mondiale est, bien sûr, une histoire de tragédies. Familles décimées, enfants orphelins, personnes âgées isolées, réfugiés, hommes et femmes sans ressources, sans travail : les Juifs de Belgique n’ont cessé de souffrir des conséquences de la Shoah.
Mais leur histoire est aussi celle de vies reconstruites et de solidarités fécondes, et l’Aide aux Israélites Victimes de la Guerre, aujourd’hui Service Social Juif, en a constitué l’instrument. Une extraordinaire énergie fut mise en œuvre pour surmonter le désespoir et assurer un avenir aux Juifs et au judaïsme au sortir de l’horreur.
L’A.I.V.G. a organisé le réseau des solidarités nécessaires : solidarités entre Juifs de Belgique et d’ailleurs, solidarités entre Juifs et non-Juifs. L’histoire des homes de l’A.I.V.G., où ont vécu tant d’orphelins, en a été un exemple. L’accueil des réfugiés en fut un autre.
L’auteur évoque ici avec rigueur et sobriété cette épopée du quotidien, décrivant sur plus de cinquante ans les rouages d’une institution confrontée à la douleur et à la détresse, mais aussi sa volonté de répondre avec finesse à des situations irréductiblement complexes.


Créée en 1994 à Bruxelles, la Fondation de la Mémoire Contemporaine s’est donné pour mission de mieux faire connaître l’apport des Juifs de Belgique à la communauté nationale durant le XXe siècle.
À cet effet, elle s’efforce de recueillir une documentation aussi large que possible sur l’histoire de la population juive de Belgique et l’expérience qu’elle a vécue au cours du siècle écoulé, et de mener des recherches sur ce sujet.
Indépendamment des nombreux témoignages qu’elle a rassemblés, la Fondation de la Mémoire Contemporaine a mis en chantier une série de recherches historiques, dont celle qui aboutit au présent ouvrage.
Ses travaux sont menés avec le plus grand soin et soumis à un conseil scientifique présidé par une éminente personnalité du monde académique.
La Fondation de la Mémoire Contemporaine demeure très attentive aux tensions, inévitables et fécondes, qui surgissent entre processus de mémoire et exigences de la méthode historique, entre dynamique du souvenir — individuel ou collectif — et reconstruction critique du passé.
Cette compréhension lucide est, aux yeux de la Fondation de la Mémoire Contemporaine, une composante essentielle du devoir de vigilance démocratique de nos sociétés.